Consommer local, c’est bien. Faire en sorte que l’argent dépensé reste vraiment sur le territoire, c’est mieux. C’est l’idée derrière les monnaies locales complémentaires, et derrière noisèt (prononcé « noiset »), une application qui les fait circuler depuis un téléphone.
Une monnaie locale, pour quoi faire ?
Une monnaie locale complémentaire est une monnaie citoyenne, créée par une association ou une coopérative, utilisable uniquement chez les commerçants et producteurs d’un territoire. Elle ne remplace pas l’euro : elle vient en complément, avec une règle simple, une unité vaut 1 euro. Son intérêt pour qui veut consommer mieux : chaque euro converti en monnaie locale ne peut plus filer vers une multinationale lointaine. Il tourne entre commerces de proximité, artisans et paysans du coin.
noisèt : le porte-monnaie électronique de ces monnaies
Historiquement, ces monnaies circulent en billets papier. noisèt en propose la version électronique. Attention à la nuance : noisèt n’est pas une monnaie, et il n’est pas lié à un seul territoire. C’est un porte-monnaie électronique conçu pour accueillir n’importe quelle monnaie locale complémentaire. L’application fournit la technique ; chaque monnaie reste éditée localement par la structure qui la porte.
L’application est éditée par la coopérative Monépy (une SCIC, à gouvernance collective). Concrètement, pour le consommateur :
- On relie son compte bancaire et on alimente son porte-monnaie en euros.
- On paie les commerçants partenaires en scannant un QR code, sans terminal côté commerçant.
- Le solde ne perd pas de valeur : chaque unité est adossée à un euro placé en fonds de réserve.
- On peut aussi ouvrir une cagnotte entre amis ou soutenir une collecte locale.
Pas de spéculation, juste de la circulation
À la différence d’une cryptomonnaie, il n’y a ici rien de spéculatif : la valeur est fixe (1 unité = 1 euro) et garantie par une réserve en euros. L’objectif n’est pas le rendement, mais de relocaliser la consommation. C’est un outil de consommation collaborative et coopérative, dans l’esprit des circuits courts, du bio de proximité et de l’anti-gaspillage.
Un premier déploiement envisagé : la touselle
La touselle, monnaie locale complémentaire du Comminges (Pyrénées Haut-Garonnaises), est naturellement la première monnaie envisagée pour un déploiement de noisèt, du fait de la proximité. Rien n’est toutefois encore signé : c’est une piste, pas un accord acté. Le modèle resterait reproductible : d’autres monnaies locales pourraient ensuite s’appuyer sur la même application, sans rien perdre de leur gouvernance ni de leur ancrage.
Où en savoir plus
L’application est en cours de lancement ; la présentation et l’inscription se trouvent sur noiset.fr. Pour comprendre en détail le fonctionnement des monnaies locales, voir aussi ce dossier complet sur melles750.fr.
